Président de SASU, vous avez clôturé un exercice bénéficiaire et vous vous demandez comment vous verser des dividendes en SASU de façon conforme et fiscalement optimisée. C’est une question légitime, car la distribution de dividendes obéit à des règles juridiques précises, à un calendrier à respecter et à une fiscalité qu’il vaut mieux anticiper.
Ce guide vous présente, étape par étape, tout ce qu’il faut savoir pour distribuer vos bénéfices en toute sécurité.
Se Verser des Dividendes en SASU : Le Guide Complet (Quand, Comment, Combien ?)
Temps de lecture : ~8 min
- Qu’est-ce qu’un dividende en SASU ?
- Quand peut-on distribuer des dividendes en SASU ?
- Les conditions légales à réunir avant toute distribution
- Comment calculer le montant des dividendes distribuables ?
- Quelle fiscalité s’applique aux dividendes en SASU ?
- Les étapes pour verser des dividendes en SASU
- À faire / À ne pas faire
- Dividendes ou salaire en SASU, comment choisir ?
- FAQ
- Dividendes en SASU : l’essentiel à retenir
Qu’est-ce qu’un dividende en SASU ?
Un dividende correspond à une fraction des bénéfices réalisés par la société, redistribuée à l’associé après paiement de l’impôt sur les sociétés (IS). En SASU, l’associé unique est le seul bénéficiaire possible de cette distribution. Contrairement au salaire du président, le dividende n’est pas une charge déductible pour la société : il est prélevé sur le résultat net après IS, ce qui a des conséquences directes sur la stratégie de rémunération globale.
Il est important de distinguer les dividendes ordinaires, issus du bénéfice de l’exercice clos, des distributions exceptionnelles qui peuvent puiser dans les réserves accumulées lors d’exercices antérieurs. Dans les deux cas, les mêmes conditions légales s’appliquent.
Quand peut-on distribuer des dividendes en SASU ?
La première condition est l’existence d’un bénéfice distribuable. On ne peut pas verser de dividendes si la société n’a pas dégagé de résultat positif ou si les réserves disponibles ne permettent pas de couvrir la distribution envisagée. Distribuer sans bénéfice distribuable expose le président à une action en répétition des sommes versées.

Ensuite, les comptes annuels doivent être établis et approuvés. En SASU, c’est l’associé unique qui exerce cette approbation, généralement formalisée dans une décision écrite. La distribution ne peut donc pas intervenir en cours d’exercice, avant que les comptes de l’exercice concerné n’aient été arrêtés.
Enfin, le versement effectif des dividendes doit intervenir dans un délai de neuf mois suivant la clôture de l’exercice. Passé ce délai, des intérêts de retard peuvent être dus.
Les conditions légales à réunir avant toute distribution
Avant de procéder au versement, quatre conditions cumulatives doivent être vérifiées. Ces vérifications permettent de sécuriser juridiquement la distribution de dividendes en SASU et de limiter les risques de remise en cause ultérieure.
Condition 1 : disposer d’un bénéfice distribuable
Premièrement, la société doit disposer d’un bénéfice distribuable, c’est-à-dire un résultat net positif après IS, augmenté des reports bénéficiaires antérieurs et diminué des pertes éventuelles. En pratique, ce calcul repose sur les comptes annuels arrêtés et validés par l’associé unique.
Condition 2 : doter correctement la réserve légale
Deuxièmement, la réserve légale doit être correctement dotée. La loi impose d’affecter 5 % du bénéfice net à la réserve légale, jusqu’à ce que celle-ci atteigne 10 % du capital social. Tant que ce seuil n’est pas atteint, cette dotation est obligatoire et prioritaire sur toute distribution.
Condition 3 : libérer intégralement le capital social
Troisièmement, le capital social doit être intégralement libéré. Si une partie du capital a été souscrite mais non versée, la distribution de dividendes est bloquée.
Condition 4 : approuver formellement les comptes
Quatrièmement, les comptes de l’exercice doivent avoir été formellement approuvés par l’associé unique, et cette décision doit être consignée par écrit. Cette formalisation est essentielle pour prouver, en cas de contrôle, que l’affectation du résultat a été décidée conformément aux règles applicables aux SASU.
Comment calculer le montant des dividendes distribuables ?
Déterminer le bénéfice distribuable en SASU
Le calcul part du résultat net comptable après IS. On en déduit la dotation obligatoire à la réserve légale (si elle n’est pas encore constituée à hauteur de 10 % du capital). On peut ensuite affecter une partie du solde à d’autres réserves facultatives, selon la politique financière souhaitée. Le reste constitue le bénéfice distribuable, dont la totalité ou une partie peut être versée à l’associé unique.
Exemple de calcul de dividendes distribuables
Exemple simplifié : une SASU dégage un résultat net de 50 000 euros après IS. La réserve légale n’est pas encore atteinte, ce qui impose une dotation de 2 500 euros (5 % de 50 000). Le bénéfice distribuable maximal est donc de 47 500 euros. L’associé peut choisir de distribuer l’intégralité ou seulement une partie de cette somme.
Il n’existe pas de plafond légal au montant des dividendes : l’associé unique peut décider de distribuer jusqu’à la totalité du bénéfice distribuable.
Quelle fiscalité s’applique aux dividendes en SASU ?
La flat tax de 31,4 % sur les dividendes de SASU
Les dividendes perçus par le président associé d’une SASU sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), communément appelé flat tax, au taux global de 31,4 %. Ce taux se décompose en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux.

Option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu
Sur option expresse et globale, l’associé peut choisir d’intégrer ses dividendes au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Cette option peut s’avérer avantageuse si le taux marginal d’imposition est inférieur à 12,8 %, mais elle est globale : elle s’applique à l’ensemble des revenus du capital de l’année, pas uniquement aux dividendes de la SASU.
Un point important à retenir : les dividendes versés en SASU ne sont pas soumis aux cotisations sociales TNS (travailleurs non salariés), contrairement à ce qui peut s’appliquer dans d’autres formes sociales. C’est l’une des particularités fiscales qui distingue la SASU d’autres structures.
Les étapes pour verser des dividendes en SASU
La procédure suit un enchaînement logique qu’il convient de respecter scrupuleusement. Elle permet de sécuriser chaque phase de la distribution et de s’assurer que les dividendes versés en SASU respectent le cadre légal et fiscal.
Étape 1 : arrêter les comptes annuels
La première étape consiste à arrêter les comptes annuels avec votre expert-comptable, une fois l’exercice clôturé. Cette étape garantit que les chiffres servant de base au calcul des dividendes sont exacts et définitifs.
Étape 2 : approuver les comptes et l’affectation du résultat
La deuxième étape est l’approbation des comptes par l’associé unique, formalisée dans une décision écrite datée et signée. Ce document doit mentionner le montant du bénéfice, la dotation à la réserve légale et le montant décidé en distribution.
Étape 3 : formaliser la décision de distribution
La troisième étape est la rédaction d’un procès-verbal (ou décision de l’associé unique) actant la distribution, le montant par action et la date de mise en paiement. Ce document précise également le calendrier retenu pour la mise en paiement des dividendes.
Étape 4 : procéder au versement effectif des dividendes
La quatrième étape est le versement effectif sur le compte bancaire de l’associé, dans le respect du délai de neuf mois. Le versement doit être clairement identifiable sur les relevés bancaires afin de pouvoir être justifié en cas de contrôle.
Étape 5 : accomplir les obligations déclaratives et fiscales
La cinquième étape concerne les obligations déclaratives : les dividendes doivent être déclarés dans la déclaration de revenus de l’associé, et la société doit effectuer le versement du prélèvement forfaitaire non libératoire si applicable, via les formulaires fiscaux appropriés. Un suivi rigoureux de ces obligations évite les pénalités et sécurise la distribution des dividendes en SASU.
À faire / À ne pas faire
| À faire | À ne pas faire |
|---|---|
| Vérifier l’existence d’un bénéfice distribuable avant toute décision. | Distribuer des dividendes avant approbation formelle des comptes. |
| Doter la réserve légale avant de calculer le montant distribuable. | Oublier la dotation obligatoire à la réserve légale. |
| Formaliser la décision de distribution dans un document écrit daté et signé. | Confondre la distribution de dividendes avec une avance en compte courant d’associé. |
| Respecter le délai de neuf mois pour le versement effectif. | Distribuer si le capital social n’est pas intégralement libéré. |
| Consulter votre expert-comptable pour arbitrer entre PFU et barème progressif selon votre situation personnelle. | — |
Dividendes ou salaire en SASU, comment choisir ?
Paramètres à prendre en compte pour choisir
Le choix entre salaire et dividendes dépend de plusieurs paramètres : le niveau de revenus souhaité, la protection sociale recherchée, la trésorerie de la société et la fiscalité personnelle de l’associé. Le salaire du président génère des charges sociales (patronales et salariales) mais ouvre des droits à la retraite et à la prévoyance. Les dividendes, eux, sont prélevés après IS et soumis au PFU à 31,4 %, sans cotisations sociales supplémentaires en SASU, mais sans constitution de droits sociaux supplémentaires.

Trouver un équilibre entre salaire et dividendes en SASU
Il n’existe pas de réponse universelle. La combinaison optimale entre salaire et dividendes dépend du taux d’IS applicable à la société, du taux marginal d’imposition de l’associé et de ses objectifs patrimoniaux. C’est précisément ce type d’arbitrage que les experts-comptables réalisent régulièrement pour leurs clients.
FAQ
Peut-on se verser des dividendes en SASU sans se verser de salaire ?
Oui, il n’existe aucune obligation légale de se verser un salaire pour pouvoir distribuer des dividendes en SASU. L’associé unique peut choisir de ne percevoir aucune rémunération et de se rémunérer uniquement via les dividendes. Cette stratégie présente toutefois des limites en matière de protection sociale, puisqu’aucune cotisation n’est alors versée au titre de la retraite ou de la prévoyance.
Peut-on distribuer des dividendes en cours d’exercice en SASU ?
Non, en principe. La distribution de dividendes suppose que l’exercice soit clôturé et que les comptes annuels aient été approuvés. Il n’est donc pas possible de distribuer des dividendes sur un exercice en cours. En revanche, il est possible de verser des acomptes sur dividendes sous certaines conditions strictes, notamment l’établissement d’un bilan intermédiaire certifié par un commissaire aux comptes, ce qui reste peu courant dans les SASU de taille standard.
Quel est le taux d’imposition des dividendes en SASU ?
Le taux applicable par défaut est celui du prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, comprenant 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Sur option, l’associé peut soumettre ses dividendes au barème progressif de l’impôt sur le revenu, ce qui peut être plus avantageux selon sa tranche marginale d’imposition. Cette option doit être exercée lors de la déclaration annuelle de revenus et s’applique à l’ensemble des revenus du capital de l’année.
Dividendes en SASU : l’essentiel à retenir
La distribution de dividendes en SASU est un levier de rémunération efficace, à condition de respecter scrupuleusement les conditions légales, le calendrier d’approbation des comptes et les obligations déclaratives. La fiscalité avantageuse du PFU en fait une option attractive, mais l’arbitrage optimal entre dividendes et rémunération mérite une analyse personnalisée, tenant compte de la situation fiscale et patrimoniale de chaque associé.
Pour aller plus loin dans l’optimisation de la rémunération du dirigeant et comparer les différentes structures juridiques, les outils proposés par Gerem permettent aux experts-comptables de réaliser ces simulations de façon rapide et fiable pour leurs clients.



