La CDHR c’est quoi exactement et pourquoi cette contribution suscite-t-elle autant de questions chez les contribuables à hauts revenus et leurs conseils ? Cette introduction permet de replacer la mesure dans son contexte avant d’entrer dans le détail de son fonctionnement en 2026.
La CDHR (Contribution sur les Dividendes des Hauts Revenus) : CDHR c’est quoi, mythe ou réalité en 2026 ?
Temps de lecture : ~8 min
- CDHR : de quoi parle-t-on exactement ?
- Qui est concerné par cette contribution ?
- CDHR vs CEHR : deux dispositifs à ne pas confondre
- Comment se calcule la CDHR ?
- Déclaration et acompte : ce qu’il faut anticiper
- Quels impacts pour la gestion patrimoniale ?
- FAQ
- La CDHR en 2026 : un plancher d’imposition à intégrer
Depuis l’adoption de la loi de finances pour 2025, un nouvel acronyme circule dans les cabinets d’expertise comptable et chez les conseillers en gestion de patrimoine : la CDHR. Pourtant, derrière ce sigle se cache une réalité bien différente de ce que son nom courant laisse supposer. Beaucoup de professionnels la confondent encore avec la CEHR, tandis que d’autres en ignorent les contours précis. Cet article fait le point sur la question « CDHR c’est quoi ? », sur qui est concerné, sur la façon dont elle se calcule et sur ce qu’elle change pour les contribuables à hauts revenus en 2026.

CDHR : de quoi parle-t-on exactement ?
Une contribution différentielle sur les hauts revenus
Contrairement à ce que son surnom populaire « Contribution sur les Dividendes des Hauts Revenus » pourrait laisser croire, la CDHR désigne en réalité la Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus. Il ne s’agit pas d’une taxe spécifique aux dividendes, mais d’un impôt complémentaire à l’impôt sur le revenu, codifié à l’article 224 du Code Général des Impôts (CGI) et instauré par l’article 10 de la loi de finances pour 2025.
Son objectif est simple à formuler, même si son calcul l’est moins : garantir qu’aucun foyer disposant de très hauts revenus ne soit imposé en dessous d’un taux effectif de 20 %, tous impôts de type IR confondus. En d’autres termes, la CDHR fonctionne comme un plancher d’imposition. Elle ne s’applique que si le taux effectif réel du contribuable, une fois l’IR, la CEHR et les prélèvements forfaitaires additionnés, reste inférieur à ce seuil de 20 %.
Ce mécanisme vise avant tout à corriger une réalité bien documentée : certains foyers très aisés, dont les revenus proviennent majoritairement du capital (dividendes, plus-values, contrats d’assurance-vie soumis au prélèvement forfaitaire unique), se retrouvent avec un taux effectif d’imposition structurellement bas, parfois très en dessous du taux marginal d’un salarié ordinaire. La CDHR entend refermer cet écart, au nom de l’équité fiscale et de l’objectif de redressement des comptes publics.
Qui est concerné par cette contribution ?
Seuils de revenus et taux effectif d’imposition
Trois conditions cumulatives doivent être réunies pour être redevable de la CDHR. Premièrement, le contribuable doit avoir son domicile fiscal en France et être assujetti à l’impôt sur le revenu. Deuxièmement, son revenu fiscal de référence (RFR) doit dépasser 250 000 euros pour une personne seule (célibataire, veuf, séparé ou divorcé) ou 500 000 euros pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune. Troisièmement, son taux moyen d’imposition, calculé hors prélèvements sociaux, doit être inférieur à 20 % du RFR.
Il faut noter que le dispositif ne s’applique pas de façon brutale dès le premier euro dépassant les seuils. Un mécanisme de décote progressif, défini au V de l’article 224 du CGI, lisse la montée en charge. Concrètement, la CDHR ne joue à plein régime qu’à partir d’environ 330 000 euros de RFR pour une personne seule, et 660 000 euros pour un couple. En dessous de ces niveaux, la contribution est réduite proportionnellement.
En pratique, les contribuables les plus exposés sont ceux dont les revenus sont composés en grande partie de dividendes, de plus-values mobilières ou de produits de placement soumis au PFU à 12,8 %, puisque ces revenus génèrent structurellement un taux effectif global inférieur au barème progressif.
CDHR vs CEHR : deux dispositifs à ne pas confondre
Les principales différences entre CDHR et CEHR
La confusion entre CDHR et CEHR est extrêmement fréquente, y compris dans les milieux professionnels. Voici les différences fondamentales entre les deux.
| Critère | CEHR | CDHR |
|---|---|---|
| Nature | Surtaxe directe sur le RFR | Impôt complémentaire (plancher) |
| Taux | 3 % à 4 % selon les tranches | Variable (vise 20 % d’imposition effective) |
| Condition de taux effectif | Non (s’applique automatiquement) | Oui (seulement si taux effectif < 20 %) |
| Seuils | 250 000 € / 500 000 € de RFR | Identiques, mais avec décote progressive |
| Codification | Article 223 sexies du CGI | Article 224 du CGI |
La CEHR est une surtaxe qui s’applique automatiquement dès que le RFR dépasse les seuils, sans condition liée au taux effectif d’imposition. La CDHR, elle, n’intervient qu’en complément, si et seulement si l’ensemble des impositions déjà supportées (IR, CEHR, PFU inclus) reste en dessous de 20 % du RFR. Les deux dispositifs peuvent donc coexister : la CEHR est calculée en premier, puis la CDHR vient éventuellement compléter si le total reste insuffisant.

Comment se calcule la CDHR ?
Principe général du calcul de la CDHR
Le calcul de la contribution différentielle sur les hauts revenus repose sur une logique de différentiel. On compare un impôt minimal théorique à l’ensemble des impositions déjà acquittées. La formule simplifiée est la suivante :
CDHR = (RFR ajusté x 20 %) – (IR + CEHR + prélèvements forfaitaires éligibles + crédits et réductions d’impôt + majorations familiales)
Si le résultat est positif, ce montant est dû. S’il est nul ou négatif, aucune CDHR n’est exigible.
Le RFR ajusté peut intégrer un lissage de certains revenus exceptionnels ou différés, afin d’éviter qu’une année atypique ne génère une contribution disproportionnée. Les majorations familiales viennent réduire le montant théorique à payer : 12 500 euros pour les couples soumis à imposition commune, et 1 500 euros par personne à charge.
Prenons un exemple simplifié : un contribuable célibataire dispose d’un RFR de 400 000 euros, composé majoritairement de dividendes soumis au PFU. Son IR total (IR barème + PFU + CEHR) s’élève à 65 000 euros, soit un taux effectif de 16,25 %. L’impôt minimal théorique à 20 % serait de 80 000 euros. La CDHR serait donc de 15 000 euros, sous réserve de l’application de la décote et des éventuelles majorations.
Déclaration et acompte : ce qu’il faut anticiper
Modalités pratiques et calendrier de paiement
La CDHR s’intègre dans le circuit classique de la déclaration de revenus. Son calcul s’appuie sur le RFR de l’année précédente et sur les éléments d’imposition déjà connus de l’administration fiscale. Les modalités pratiques sont précisées sur impots.gouv.fr et dans la notice officielle de déclaration.
Un point important à retenir : les contribuables redevables de la CDHR doivent verser un acompte représentant 95 % du montant estimé entre le 1er et le 15 décembre de l’année en cours, directement depuis leur espace particulier sur impots.gouv.fr. Cet acompte est ensuite régularisé l’année suivante, lors du calcul définitif de l’impôt à l’issue de la déclaration de revenus.
Pour les experts-comptables suivant des clients à hauts revenus, cette échéance de décembre est un point de vigilance à intégrer dans le calendrier de gestion fiscale, au même titre que les acomptes de l’IS ou les provisions de cotisations TNS.

Quels impacts pour la gestion patrimoniale ?
Conséquences pour les stratégies d’optimisation
La CDHR modifie en profondeur certains arbitrages patrimoniaux classiques. En ciblant spécifiquement les revenus du capital faiblement imposés, elle renchérit le coût fiscal des stratégies fondées sur le PFU : versement de dividendes importants, réalisation de plus-values mobilières, rachats sur contrats d’assurance-vie en phase de capitalisation.
Les professionnels du chiffre et du patrimoine doivent désormais intégrer cet impôt plancher dans leurs simulations, notamment lorsqu’ils conseillent des dirigeants sur leur mode de rémunération, ou lorsqu’ils arbitrent entre distribution de dividendes et mise en réserve. Un dividende supplémentaire perçu par un associé dont le RFR dépasse 330 000 euros peut déclencher ou aggraver une CDHR, là où le PFU semblait auparavant suffisamment attractif.
Certains analystes soulignent par ailleurs que le rendement budgétaire de la CDHR est jugé décevant au regard de la complexité du dispositif. Cela n’enlève rien à l’obligation de la calculer correctement pour les contribuables concernés, mais cela illustre que la mesure a une portée symbolique et corrective autant que financière.
FAQ
La CDHR s’applique-t-elle aux revenus fonciers ?
Les revenus fonciers ne sont pas la cible principale de la CDHR. Ils sont en général soumis au barème progressif de l’IR, ce qui génère un taux effectif d’imposition relativement élevé. La CDHR vise avant tout les revenus du capital soumis au PFU (dividendes, plus-values, certains produits d’assurance-vie), dont le taux forfaitaire de 12,8 % est structurellement inférieur au seuil de 20 %. Cela dit, les revenus fonciers entrent bien dans le calcul du RFR et peuvent donc contribuer à franchir les seuils déclencheurs.
À partir de quel revenu la CDHR est-elle réellement due ?
Franchir le seuil de 250 000 euros de RFR (ou 500 000 euros pour un couple) ne suffit pas à déclencher automatiquement la CDHR. Il faut également que le taux effectif d’imposition soit inférieur à 20 %. En pratique, la contribution ne joue à plein qu’à partir d’environ 330 000 euros de RFR pour une personne seule, en raison du mécanisme de décote progressive. Un contribuable dont les revenus sont essentiellement salariaux sera rarement concerné, car le barème progressif génère un taux effectif supérieur à 20 % dès des niveaux de revenus relativement modestes.
Comment la CDHR s’articule-t-elle avec le PFU et l’assurance-vie ?
Le prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 30 % comprend 12,8 % d’IR et 17,2 % de prélèvements sociaux. Seule la composante IR (12,8 %) est prise en compte dans le calcul du taux effectif pour la CDHR, les prélèvements sociaux étant exclus du périmètre. Cela signifie que des dividendes soumis au PFU génèrent un taux effectif IR de seulement 12,8 %, bien en dessous du plancher de 20 %. Pour l’assurance-vie, les prélèvements forfaitaires libératoires entrent également dans le calcul, selon les mêmes règles. Un contribuable à haut revenu qui perçoit d’importants revenus du capital via ces enveloppes sera donc particulièrement exposé à la CDHR.
La CDHR en 2026 : un plancher d’imposition à intégrer
La CDHR est une réalité fiscale, pas un mythe, même si son nom courant prête à confusion. Contribution différentielle et non taxe spécifique aux dividendes, elle instaure un plancher d’imposition de 20 % pour les foyers dont le RFR dépasse 250 000 euros (ou 500 000 euros pour un couple) et dont le taux effectif reste en dessous de ce seuil. Pour les professionnels du chiffre qui accompagnent des dirigeants, des associés ou des clients patrimoniaux, intégrer ce paramètre dans les simulations de rémunération et d’optimisation fiscale est désormais incontournable.
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