Introduction au choix PFU ou barème progressif pour vos dividendes et revenus du capital.
Dividendes : Faut-il choisir PFU ou barème progressif ? Le Calcul à Faire
Temps de lecture : ~7 min
- Ce que recouvre l’arbitrage PFU barème progressif en 2026
- Comment le calcul change selon le type de revenu
- Le tableau de bord selon votre tranche marginale
- La nouveauté 2026 qui change tout
- À faire / À ne pas faire avant de cocher la case 2OP
- Études de cas pour comprendre l’impact réel
- FAQ
- PFU ou barème progressif : simuler avant de déclarer

Ce que recouvre l’arbitrage PFU barème progressif en 2026
Le prélèvement forfaitaire unique, aussi appelé « flat tax », est le régime d’imposition par défaut appliqué aux revenus du capital : dividendes, intérêts, plus-values mobilières, dans le cadre du choix PFU ou barème progressif. Depuis le 1er janvier 2026, son taux global s’établit à 31,4 %, décomposé en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Ce taux est appliqué automatiquement par l’établissement financier ou le courtier, sans démarche particulière de votre part.
L’alternative, c’est l’option pour le barème progressif. En cochant la case 2OP sur votre déclaration de revenus (formulaire n°2042), vous choisissez d’intégrer vos revenus financiers à l’ensemble de vos revenus du foyer. Ils sont alors imposés selon vos tranches marginales d’imposition habituelles : 0 %, 11 %, 30 %, 41 % ou 45 %. Cette option est globale : elle s’applique à tous les revenus entrant dans le champ du PFU pour l’année concernée, pas seulement à une catégorie.
Les prélèvements sociaux à 18,6 % restent dus dans les deux cas. Ce qui change entre PFU et barème, c’est uniquement la part d’impôt sur le revenu et, pour les dividendes, l’application ou non d’un abattement.
Comment le calcul change selon le type de revenu
Pour les dividendes
C’est ici que l’arbitrage est le plus intéressant à analyser. Sous le PFU, les dividendes sont taxés sur leur montant brut, sans aucun abattement, au taux de 12,8 % pour la part IR. Sous le barème progressif, les dividendes bénéficient d’un abattement de 40 % : seuls 60 % du montant brut sont ajoutés à votre revenu imposable. L’économie peut être significative si votre tranche marginale d’imposition est basse.
La règle mathématique à retenir pour les dividendes est la suivante : le PFU devient plus avantageux que le barème dès lors que votre TMI dépasse environ 24 %. En pratique, cela signifie que si vous êtes dans la tranche à 30 %, 41 % ou 45 %, le PFU vous coûte moins cher. Si vous êtes à 11 % ou non imposable, le barème avec abattement de 40 % sera généralement plus favorable.
Pour les intérêts et les plus-values mobilières
Pour les intérêts (comptes à terme, obligations, livrets fiscalisés), il n’existe pas d’abattement équivalent au barème. L’arbitrage se résume donc à comparer votre TMI avec les 12,8 % du PFU. Si votre tranche marginale est de 0 % ou 11 %, le barème est plus intéressant. Au-delà, le PFU protège mieux votre revenu net.
Pour les plus-values sur cession de titres, la logique est similaire. Le PFU à 12,8 % (part IR) s’applique par défaut. L’option barème peut être pertinente pour les contribuables faiblement imposés, mais elle comporte un risque : si les plus-values font sauter votre foyer dans une tranche supérieure, l’économie espérée peut se transformer en surcoût.
Le tableau de bord selon votre tranche marginale
| TMI du foyer | Dividendes | Intérêts / Plus-values |
|---|---|---|
| 0 % | Barème souvent préférable | Barème préférable |
| 11 % | Barème souvent préférable | Barème préférable |
| 30 % | PFU généralement préférable | PFU préférable |
| 41 % | PFU nettement préférable | PFU nettement préférable |
| 45 % | PFU nettement préférable | PFU nettement préférable |
Ce tableau donne des repères généraux. La situation réelle dépend aussi du montant des revenus financiers, de leur effet sur votre revenu global imposable et de votre situation familiale.

La nouveauté 2026 qui change tout
Jusqu’aux revenus 2025, l’option pour le barème progressif était irrévocable une fois la date limite de dépôt de la déclaration dépassée. Impossible de revenir en arrière si vous vous rendiez compte après coup que le PFU aurait été plus favorable.
La loi de finances pour 2026 a supprimé cette contrainte. Pour les revenus perçus à partir de 2026 (déclaration en 2027), il est désormais possible de renoncer a posteriori à l’option barème et de revenir au PFU, dans le délai de réclamation. Concrètement, pour les revenus 2026, vous pourriez disposer jusqu’au 31 décembre 2029 pour modifier votre choix si vous constatez que l’autre régime vous aurait été plus favorable. Certains cabinets ont chiffré des cas concrets où cette souplesse permet d’économiser plusieurs dizaines de milliers d’euros d’impôt sur le revenu.
Attention : cette réforme ne s’applique pas aux revenus 2025. Pour cette année de transition, l’option reste irrévocable dans les conditions habituelles.
À faire / À ne pas faire avant de cocher la case 2OP
À faire
Calculez votre TMI avant et après intégration de vos revenus financiers au barème, car l’ajout de dividendes ou d’intérêts peut faire basculer votre foyer dans une tranche supérieure et annuler l’avantage attendu. Vérifiez que vous tenez compte de l’ensemble des revenus entrant dans le champ du PFU pour l’année, puisque l’option barème est globale et s’applique à toutes ces catégories simultanément. Simulez les deux options chaque année, même si votre situation semble stable, car une variation de revenus peut changer le résultat.
À ne pas faire
Ne cochez pas la case 2OP par réflexe ou par habitude sans avoir fait le calcul. Ne confondez pas l’abattement de 40 % (réservé aux dividendes au barème) avec une exonération : les prélèvements sociaux à 18,6 % restent dus sur le montant brut dans tous les cas. Ne supposez pas que le choix de l’année précédente est automatiquement le bon pour l’année en cours.

Études de cas pour comprendre l’impact réel
Cas 1 : un épargnant peu imposé
Un foyer avec une TMI de 11 % perçoit 8 000 euros de dividendes bruts. Sous le PFU, la part IR s’élève à 1 024 euros (12,8 % de 8 000 euros). Sous le barème, l’assiette imposable est de 4 800 euros après abattement de 40 %, soit 528 euros d’IR (11 % de 4 800 euros). L’économie en optant pour le barème est de 496 euros, uniquement sur la part IR. Les prélèvements sociaux de 1 488 euros (18,6 % de 8 000 euros) restent identiques dans les deux cas.
Cas 2 : un dirigeant de SASU fortement imposé
Un associé unique de SASU se verse 30 000 euros de dividendes. Sa TMI est de 41 %. Sous le PFU, la part IR est de 3 840 euros (12,8 % de 30 000 euros). Sous le barème, l’assiette est de 18 000 euros après abattement de 40 %, soit 7 380 euros d’IR (41 % de 18 000 euros). Le PFU lui fait économiser 3 540 euros sur la seule part IR. Le choix est ici clairement en faveur du PFU.
FAQ
Peut-on opter pour le barème uniquement sur une partie de ses revenus financiers ?
Non. L’option pour le barème progressif est globale : si vous cochez la case 2OP, elle s’applique à l’ensemble des revenus entrant dans le champ du PFU pour l’année concernée (dividendes, intérêts, plus-values mobilières). Il n’est pas possible de choisir le barème pour vos dividendes et le PFU pour vos intérêts la même année.
L’option barème est-elle intéressante pour les dividendes versés par une SASU ?
Cela dépend de votre TMI. Pour un associé unique de SASU dont la tranche marginale est de 30 % ou plus, le PFU à 12,8 % (part IR) sera généralement plus avantageux que le barème, même avec l’abattement de 40 %. En revanche, si votre revenu global est faible et que votre TMI est de 0 % ou 11 %, l’option barème peut réduire significativement votre imposition sur les dividendes.
Que se passe-t-il si on a coché la case 2OP par erreur pour les revenus 2026 ?
Pour les revenus perçus à partir de 2026, la loi de finances 2026 permet de renoncer a posteriori à l’option barème et de revenir au PFU, dans le délai de réclamation. Cette souplesse nouvelle offre une sécurité importante : si vous réalisez après coup que le PFU aurait été plus favorable, vous pouvez en principe corriger votre déclaration. Pour les revenus 2025 en revanche, l’option reste irrévocable une fois le délai de dépôt passé.
Les prélèvements sociaux changent-ils selon l’option choisie ?
Non. Que vous choisissiez le PFU ou le barème progressif, les prélèvements sociaux s’élèvent à 18,6 % du montant brut des revenus financiers depuis 2026. L’option barème ne modifie pas l’assiette des prélèvements sociaux pour les dividendes : ils restent calculés sur le montant brut, sans abattement de 40 %.
PFU ou barème progressif : simuler avant de déclarer
L’arbitrage entre le PFU et le barème progressif n’a pas de réponse universelle. Il dépend de votre tranche marginale d’imposition, du montant et de la nature de vos revenus financiers, et de l’effet de leur intégration sur votre revenu global imposable. La règle des 24 % de TMI donne un premier repère utile pour les dividendes, mais une simulation précise reste indispensable pour éviter les mauvaises surprises. La réforme de 2026, en supprimant l’irrévocabilité de l’option barème pour les revenus futurs, offre une marge de manœuvre bienvenue, mais elle ne remplace pas une analyse rigoureuse en amont.
Pour aller plus loin et simuler votre situation réelle, les outils disponibles sur Gerem permettent de comparer les deux régimes et d’optimiser votre arbitrage fiscal en quelques clics.



