La taxe PUMA, ou cotisation subsidiaire maladie (CSM), est l’une de ces charges qui surprennent les dirigeants au moment où ils s’y attendent le moins. Beaucoup d’entre eux ont opté pour une rémunération majoritairement en dividendes, convaincus d’optimiser leur situation fiscale et sociale. Puis arrive un appel de cotisation de l’URSSAF, parfois sur plusieurs années. Pour tout dirigeant de SAS, de SASU ou de société holding, comprendre la taxe PUMA dirigeant est devenu indispensable avant de fixer sa stratégie de rémunération.
Taxe PUMA dirigeant
Taxe PUMA 2026 : Êtes-vous concerné et comment l’éviter légalement ?
Temps de lecture : ~7 min
Sommaire
- Qu’est-ce que la taxe PUMA pour un dirigeant ?
- Êtes-vous concerné ? Les trois conditions à vérifier
- Comment se calcule la cotisation subsidiaire maladie ?
- Salaire ou dividendes : l’impact concret de la PUMA sur votre rémunération
- Comment éviter ou limiter la taxe PUMA légalement ?
- Vous avez reçu un appel de cotisation PUMA : que faire ?
- FAQ
- Taxe PUMA dirigeant : l’anticipation reste la meilleure protection

Qu’est-ce que la taxe PUMA pour un dirigeant ?
La Protection Universelle Maladie (PUMa), instaurée en 2016, garantit à toute personne résidant en France un droit à la prise en charge de ses frais de santé, indépendamment de son statut professionnel. Ce principe d’universalité a cependant un corollaire : si une personne bénéficie de cette couverture sans cotiser suffisamment via ses revenus d’activité, elle peut se voir réclamer une cotisation subsidiaire maladie.
C’est précisément ce mécanisme que l’on appelle communément « taxe PUMA ». Il repose sur une logique d’équité dans le financement de la sécurité sociale : ceux qui perçoivent des revenus du patrimoine importants sans exercer d’activité professionnelle significative contribuent tout de même au système. Pour les dirigeants d’entreprise qui se versent peu ou pas de salaire, cette cotisation peut représenter plusieurs milliers d’euros par an, souvent découverts avec retard.
Êtes-vous concerné ? Les trois conditions à vérifier
La cotisation subsidiaire maladie ne s’applique pas à tous les dirigeants. Trois conditions doivent être réunies simultanément pour en être redevable.
Première condition : résider en France
Le dirigeant doit résider de manière stable et régulière sur le territoire français, ou y exercer une activité professionnelle.
Deuxième condition : des revenus d’activité inférieurs à 20 % du PASS
Le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS) est fixé à 47 100 € en 2025 et à 48 060 € en 2026. Le seuil déclencheur correspond à 20 % de ce plafond, soit 9 420 € en 2025 et 9 612 € en 2026. Sont pris en compte les salaires, les bénéfices industriels et commerciaux professionnels, les bénéfices non commerciaux professionnels, ainsi que les rémunérations de gérance. Les revenus du conjoint marié ou pacsé entrent également dans ce calcul.
Troisième condition : des revenus du patrimoine supérieurs à 50 % du PASS
Dividendes, revenus fonciers, intérêts, plus-values mobilières, BIC non professionnels : si l’ensemble de ces revenus dépasse 50 % du PASS (soit 23 550 € en 2025 et 24 030 € en 2026), la troisième condition est remplie.
Les dirigeants les plus exposés sont les présidents de SAS et de SASU qui ont fait le choix de se verser exclusivement des dividendes, sans aucune rémunération. En tant qu’assimilés salariés, ils ne cotisent pas au régime des travailleurs non salariés, et leur faible (ou nul) salaire ne génère pas de cotisations maladie suffisantes. La PUMA vient corriger précisément cette situation. Les dirigeants qui détiennent plusieurs sociétés ou un patrimoine immobilier conséquent, avec peu de revenus professionnels déclarés, sont également dans le viseur.
À noter : les personnes percevant des revenus de remplacement (pension de retraite, allocation chômage, rente d’invalidité) ne sont pas assujetties à la CSM, même si leurs revenus d’activité sont faibles.
Comment se calcule la cotisation subsidiaire maladie ?
Le taux de la taxe PUMA
Le taux plein de la taxe PUMA est de 6,5 %. Il s’applique lorsque les revenus d’activité sont nuls. Ce taux diminue progressivement à mesure que les revenus d’activité augmentent, jusqu’à s’annuler lorsqu’ils atteignent 20 % du PASS.
L’assiette de la cotisation PUMA
L’assiette de calcul est constituée des revenus du patrimoine compris entre 50 % et 8 fois le PASS. En 2026, cela correspond à une fourchette allant d’environ 24 030 € à 384 480 €. Les revenus au-delà de ce plafond ne sont pas pris en compte.
La formule officielle est la suivante :
CSM = 6,5 % × (A – 0,5 × PASS) × [1 – (R / (0,2 × PASS))]
Où A représente l’assiette des revenus du capital (dans la limite de 8 PASS) et R les revenus d’activité du foyer.
Exemple concret pour 2026 : un président de SASU sans salaire perçoit 60 000 € de dividendes. Ses revenus d’activité R sont nuls. Le calcul donne : 6,5 % × (60 000 – 24 030) × [1 – 0] = 6,5 % × 35 970 = 2 338 € de cotisation PUMA. Une somme non négligeable, d’autant qu’elle peut s’accumuler sur plusieurs années avant d’être notifiée.

Salaire ou dividendes : l’impact concret de la PUMA sur votre rémunération
Le débat salaire contre dividendes est au cœur de la stratégie de rémunération de nombreux dirigeants. La taxe PUMA vient rebattre les cartes d’un arbitrage qui semblait simple.
| Scénario | Revenus d’activité | Dividendes | PUMA due (2026) |
|---|---|---|---|
| 100 % dividendes | 0 € | 60 000 € | ~2 338 € |
| Salaire minimum PUMA + dividendes | 9 612 € | 60 000 € | 0 € |
| Salaire intermédiaire + dividendes | 5 000 € | 60 000 € | ~1 130 € |
Ce tableau illustre un point essentiel : pour un célibataire sans autre forme de revenus, il suffit de percevoir environ 800 € brut par mois de revenus d’activité pour échapper totalement à la cotisation subsidiaire maladie. Ce montant est souvent bien inférieur au coût de la taxe elle-même, ce qui rend l’arbitrage assez clair dans la plupart des situations.
L’erreur fréquente consiste à comparer uniquement le coût des charges sociales sur le salaire avec les prélèvements sur les dividendes, sans intégrer la PUMA dans la simulation globale. Cette omission peut conduire à des choix de rémunération qui paraissent optimisés sur le papier mais qui génèrent une charge imprévue.
Comment éviter ou limiter la taxe PUMA légalement ?
Plusieurs leviers permettent d’écarter ce risque, à condition de les anticiper.
La stratégie la plus efficace et la plus sécurisée consiste à se verser un minimum de revenus d’activité atteignant 20 % du PASS, soit environ 9 612 € brut annuels en 2026 (environ 800 € par mois). Ce montant suffit à ramener la cotisation à zéro, quelle que soit l’importance des dividendes perçus par ailleurs.
Il est également possible de moduler le montant des dividendes distribués pour rester sous le seuil de 50 % du PASS, si les revenus d’activité ne peuvent pas être augmentés. Cette approche est cependant plus contraignante sur le plan de la gestion de trésorerie.
Dans un foyer où le conjoint exerce une activité salariée ou indépendante, ses revenus d’activité s’ajoutent à ceux du dirigeant pour apprécier le seuil de 20 % du PASS. Un conjoint suffisamment rémunéré peut donc, à lui seul, neutraliser le risque PUMA pour l’ensemble du foyer.
Enfin, l’anticipation est clé. La taxe PUMA est calculée a posteriori sur la base des revenus déclarés à l’impôt sur le revenu. Un dirigeant qui ne simule pas sa situation chaque année peut accumuler plusieurs années de cotisations avant de recevoir la notification de l’URSSAF, avec des majorations de retard à la clé.

Vous avez reçu un appel de cotisation PUMA : que faire ?
Recevoir un courrier de l’URSSAF réclamant une cotisation subsidiaire maladie n’est pas une fatalité. La première étape consiste à vérifier scrupuleusement les revenus pris en compte dans le calcul : erreurs de catégorisation, oubli des revenus du conjoint, revenus de remplacement mal identifiés. Des erreurs sont possibles et peuvent justifier une contestation.
Vérifier scrupuleusement les revenus pris en compte
La vérification porte notamment sur les catégories de revenus, l’intégration des revenus du conjoint et la prise en compte correcte des revenus de remplacement. Des erreurs de calcul peuvent justifier une contestation.
Demander un étalement de paiement
Si le montant est exact mais difficile à régler en une fois, il est possible de demander un étalement de paiement auprès de l’URSSAF. Dans certaines situations, une remise gracieuse partielle peut également être sollicitée, même si elle n’est pas garantie.
Se faire accompagner rapidement
Dans tous les cas, se faire accompagner par un expert-comptable ou un avocat fiscaliste est fortement recommandé dès réception de la notification. Les délais de recours sont courts et une réponse mal formulée peut fermer des portes.
FAQ
La taxe PUMA s’applique-t-elle aussi aux gérants de SARL ?
Un gérant majoritaire de SARL relève du régime des travailleurs non salariés (TNS) et cotise à ce titre sur sa rémunération ainsi que sur une partie de ses dividendes. Ceci dit, il reste exposé à la taxe PUMA que le président de SASU. En revanche, un gérant minoritaire ou égalitaire de SARL, assimilé salarié, peut se retrouver dans la même situation qu’un président de SAS si sa rémunération est faible et ses dividendes élevés.
Les revenus fonciers entrent-ils dans le calcul de la taxe PUMA ?
Oui. Les revenus fonciers font partie des revenus du patrimoine pris en compte pour apprécier le seuil de 50 % du PASS. Un dirigeant qui perçoit peu de revenus d’activité mais dispose d’un patrimoine immobilier générant des loyers importants peut donc être assujetti à la CSM, même s’il ne perçoit pas de dividendes.
Un dirigeant en holding est-il concerné par la taxe PUMA ?
Un dirigeant qui détient une holding et ne se verse aucune rémunération de la structure opérationnelle, mais perçoit des dividendes remontés via la holding, peut être exposé si les conditions sont réunies. La structuration en holding ne protège pas automatiquement de la PUMA : ce sont les revenus effectivement perçus par le dirigeant personne physique qui sont pris en compte, pas les flux internes entre sociétés.
Taxe PUMA dirigeant : l’anticipation reste la meilleure protection
La taxe PUMA dirigeant est un sujet qui reste trop souvent découvert après coup, au moment d’un contrôle ou d’une notification URSSAF. Pourtant, l’éviter est simple dans la grande majorité des cas : il suffit de percevoir un minimum de revenus d’activité et d’intégrer ce paramètre dans toute simulation de rémunération. C’est précisément ce type d’arbitrage que Gerem permet de réaliser : visualiser l’impact de chaque scénario de rémunération, anticiper les cotisations comme la CSM, et conseiller les dirigeants avec des données fiables et actualisées.


